Suivez mes commentaires sur l'actualité de la justice et des barreaux

  • Dieu, par FerdinandVon Schirach

    Dieu, par Ferdinand Von Schirach, Paris, Gallimard, 2024, 184 pages, 22 euros.

    Cela vous semble peut-être curieux, mais c’est un fait : vivre n’est pas une obligation juridique. Ce ne serait pas convenable dans un État constitutionnel libéral. Si vous prenez le libre arbitre au sérieux, ce que vous dites est exact, oui. D’un point de vue juridique, et à partir du moment où ces deux personnes souhaitent se suicider, vous ne pouvez pas faire de distinction entre un jeune en pleine santé et un vieillard malade. Cela dit, il faut de toute façon s’assurer que cette décision a été prise en toute liberté. Dans le cas d’une personne atteinte d’une maladie mentale, par exemple, on considérerait que non.

    En Allemagne, le débat sur l’euthanasie (ou le suicide assisté) se pose dans un contexte particulier. C’est que les souvenirs de l’époque nazie et des politiques eugénistes y sont plus présents qu’ailleurs. On pourrait même parler d’un débat pollué par ces horreurs d’autrefois et la crainte que, d’une façon ou d’une autre, une légalisation de l’euthanasie rouvre la voie à pareilles dérives. C’est sans doute ce qui explique qu’en 2015, l’article 217 du Code pénal a été modifié pour incriminer toute forme d’incitation au suicide dans un cadre professionnel, marquant ainsi une nette rupture avec une liberté qui remontait aux Lumières.

     

  • Avant la peine, de Laure Heinich

    Avant la peine, par Laure Heinich, Paris, Flammarion, 2026, 238 pages, 20 euros.

    Jour 1500.

    Le juge répond, didactique.

    - Effectivement, la justice telle qu’elle fonctionne aujourd’hui est déceptive pour les victimes et inefficaces pour les auteurs. J’entends les deux avocats pester. Ils sont dans leur rôle parce qu’ils vous défendent l’un et l’autre, néanmoins ils ne peuvent me contredire sur l’inefficacité de notre justice pénale. Je n’insulte pas votre douleur, madame, c’est tout le contraire, je crois que c’est une question que vous devez vous poser, non pas comme un juge mais en tentant de mesurer l’impact qu’aurait vraiment sur vous une peine prononcée contre Baptiste. Quels sont le type de peine et le quantum qui vous réhabiliteraient ?

    Jour 1.

    Que s’est-il réellement passé ? Baptiste et Rebecca sont tous deux urgentistes dans un hôpital de la région parisienne. Ils forment équipe depuis plusieurs années. Une belle équipe, compétente et efficace. Ce soir-là, ils ont ramené un mort à la vie. C’est passé à un cheveu. Ils se retrouvent dans la salle de garde. Ils décompressent autour d’un café.

     

  • Raphaël Chiche et Amar Bouaou, avocats en danger

    Raphaël Chiche et Amar Bouaou sont deux avocats parisiens.

    Spécialisé dans la défense pénale de grands criminels et, particulièrement, de trafiquants de stupéfiants, Raphaël Chiche est avocat au barreau de Paris. Connu comme un redoutable spécialiste de la procédure pénale, il a, notamment, reçu la Médaille de la Conférence lors de la rentrée du Barreau de Paris en novembre 2025.

  • Monsieur la Chevalière, par Hippolyte Wouters

    Monsieur la Chevalière, par Hippolyte Wouters, Bruxelles, 2026, 44 pages, 15 euros (à commander à l’adresse hippolyte@wouters-theatre.com et à payer au compte BE12 0637 5061 1192).

     

    Iel se montre partout et joue avec ses sexes ;

    On s’intéresse à iel, et comble iel se vexe.

    Iel est insupporté que certains, en pariant,

    Essayent de gagner sur son dos de l’argent.

    Mais iel l’a bien cherché, iel à ce qu’iel mérite,

    Car iel a largement dépassé les limites.

     

    Il fallait être Hippolyte Wouters pour créer des alexandrins avec cette nouvelle forme de pronom qui marie les deux sexes !

    Mais le propos n’est pas gratuit puisque « iel » n’est autre que le Chevalier d’Éon, bien connu des cruciverbistes (et donc d’Hippolyte qui est l’un des plus fameux), dont le sexe réel reste aujourd’hui nimbé de mystère. Était-elle lui ? Était-il elle ? Ou l’inverse ? Plutôt l’inverse semble-t-il…

  • Le revers de la toge, par Sylvia de Graaf

    Le revers de la toge, par Sylvia de Graaf, Wroclaw, Amazon, 2026, 252 pages, 13,70 euros.

    Elle frappa du point sur la table.

    – C’est PAS ma faute si tu te souviens pas où tu mets tes dossiers. J’en ai marre que tu rejettes la faute sur moi pour tes propres erreurs. Et j’en ai marre de tes appels incessants, de tes fausses urgences, de tes engueulades sans raison. Je suis ta collaboratrice, pas ton chien, je mérite un minimum de respect, merde !

    Il faut dire que ce patron-là coche toutes les cases (ou presque – il manque le harcèlement sexuel…). Il est loin d’être le seul mais c’est un beau (je n’ai pas écrit « beauf », car il a trop de classe pour cela, mais j’ai eu envie).

    Louise a donc eu la « chance » d’être engagée dans un grand cabinet d’affaires bruxellois. Elle ne mettra pas longtemps à découvrir les cadences infernales, les exigences tyranniques de son maître de stage, la pression du time sheet (et la propension des collaborateurs à majorer les prestations qu’ils encodent…, ce qui induit une augmentation des exigences du patron…). Et les particularités de ce curieux microcosme.

    Le revers de la toge, par Sylvia de Graaf | La Tribune

  • Denis Bushtet, avocat en danger

    Denis Bushtet est un avocat russe, originaire de la région de Primorié (Est de la Sibérie, à proximité de la frontière coréenne).

    Membre du mouvement cosaque, il a organisé des danses en cercle rodnover (néopaganisme slave). Il élevait deux enfants adoptés. Lors des inondations qui ont frappé la région de Primorié en 2023, il a sauvé plus de 300 chiens qui avaient été laissés enchaînés.

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