La presse en parle...

  • La parole est un sport de combat, par Bertrand Périer

    La parole est un sport de combat, par Bertrand Périer, JC Lattès, 2017, 226 p., 18 €.

    « Les premiers rires fusent. Je les espérais. Rien n’est pire que de dire un texte que l’on a cru drôle en l’écrivant, et qui ne suscite pas le moindre rire dans l’assistance. J’ai l’impression confuse que le public me suit, et je me détends. Pour la première fois de ma vie, je me sens bien en parlant, pour la première fois la parole est un plaisir, plus encore : la parole est une fête ».

    Réjouissons-nous. À l’avenir la qualité des discours de nos orateurs de rentrée, présidents de jeunes barreaux, bâtonniers, présidents, … va croître. Par la grâce de ce petit bout d’avocat timoré qui, un jour, a décidé de vaincre sa timidité et de maîtriser la parole en public. Cela l’a d’abord mené à la Conférence du stage du barreau de Paris, aux Conférences Berryer et à toutes ces joutes ludiques que nous apprécions comme un spectacle de Proust (oui, Gaspard, bien sûr, pas Marcel).

    Mais, très vite, Bertrand Périer a voulu faire autre chose de cette adresse qu’il avait durement acquise. C’est ainsi qu’il a immédiatement suivi Stéphane de Freitas lorsque celui-ci a lancé le projet Eloquentia : enseigner l’éloquence aux jeunes des banlieues parisiennes. C’était en 2013. Le succès a fait grandir l’initiative. Au point que c’est aujourd’hui, aussi, un film à succès : À voix haute.

  • Je défendrai la vie autant que vous prêchez la mort, par Samia Maktouf

    Je défendrai la vie autant que vous prêchez la mort, par Samia Maktouf, Michel Lafon, 2017, 272 p., 18,95€.

     

    « En attendant, me voici poussant la porte d’un des plus célèbres cabinets d’avocats parisiens, …

    Je fus engagée. À l’époque, ce n’était pas un miracle. Je ne me souviens pas d’avoir souffert de racisme ou de discrimination à l’embauche en ces années 1990 où je posais définitivement mes valises dans la capitale des lumières. L’époque était plutôt à l’entrée massive des étudiants des pays en voie de développement et de repartir ensuite dans leur pays d’origine, où ils intégraient l’élite. Le marché était ouvert et les mentalités dénuées de préjugés anti-musulman … ».

    C’est ainsi que s’ouvre la carrière de Samia Maktouf, jeune avocate issue de la bourgeoisie de Tunis.

    D’abord des dossiers d’affaires où elle est affrontée à un monde d’hommes blancs, où elle se forge. Puis un cabinet de pratique (quasi-)individuelle où elle se confronte à la vie des gens, « petits » délinquants, « petits » commerçants, « petites » gens, des hommes et des femmes comme vous et moi, quoi …

    Puis viennent les migrants, les SDF, toute la misère du monde. Comme Atlas, comme les jeunes avocats qui pratiquent le pro deo, elle découvre la pauvreté, la difficulté, le décrochage, l’exclusion.

  • D'où viennent les avocats, où sont-ils, où vont-ils ?

    D’où viennent les avocats, où sont-ils, où vont-ils ?

    « Pourquoi aucune compagnie de chemin de fer (américaine) n’a-t-elle jamais investi dans les transports aériens ? Parce qu’elles croyaient que leur métier, c’était de faire rouler des trains … ». Cette question nous a été proposée par le professeur Benoît Frydman le 23 mars dernier, lors d’une conférence à l’U.L.B. consacrée à l’avenir de la profession d’avocat et au rapport que Patrick Hofströssler et moi-même venons d’adresser sur ce thème au ministre de la Justice, Koen Geens.

    On pourrait multiplier ce genre d’exemples. Se demander pourquoi Kodak n’a pas cru dans le numérique, qu’il avait pourtant inventé ? Pourquoi Nokia … ? Ou, de façon plus pertinente pour notre propos,  se demander pourquoi les architectes ont laissé émerger la profession de promoteur ?

    Ne nous trompons pas sur notre rôle. Les avocats sont les défenseurs de l’individu, ceux qui ont pour mission de l’aider à faire valoir ses intérêts propres contre ceux de la société, ou au sein de celle-ci.

     La Libre Belgique de ce 12 avril 2018 publie une carte blanche que j'ai rédigée;
     

     

  • 38 propositions pour l'avenir de la profession d'avocat : itw de Patrick Hofströssler

    Sur Advocatennet, Patrick Hofströssler expose les grandes lignes du rapport "L'avocat demain" que nous avons remis au ministre Koen geens sur l'avenir de la profession d'avocat

    http://www.advocatennet.be/videos/38-voorstellen-tot-modernisering-van-h...

    Enkele weken geleden overhandigden mr. Patrick Hofströssler en mr. Patrick Henry, beiden aangesteld als experts voor het advocatenberoep, hun rapport over de modernisering van de advocatuur aan Minister van Justitie Koen Geens.
    Tegen de zomer van 2018 wil de minister een beleidsplan klaar hebben over de modernisering van juridische beroepen. Daarom heeft hij voor de advocaten, notarissen, bedrijfsjuristen en gerechtsdeurwaarders twee experts aangesteld die hun beroep  doorlichten. Lees hier het persbericht van minister Geens.

    Het resultaat voor het advocatenberoep is een dossier van meer dan 600 pagina’s, waarin de ministerieel experts 38 voorstellen formuleren.

    Klik op ‘Rapport doorlichting advocatuur’ om alle video’s over dit onderwerp te zien.
    Klik hier om het volledige verslag te lezen.

  • L'empire des choses : liberté, complexité, responsabilité, par Xavier Dieux

    L’empire des choses – Liberté, complexité, responsabilité, par Xavier Dieux, Académie royale de Belgique, 2016, 104 p., 7 €.

    « Sommes-nous en train d’assister, à notre corps défendant, à l’avènement sournois d’une ‘société sans auteur’, expression désignant sous la forme d’une métaphore une société caractérisée par un développement sans précédent des technosciences et, corrélativement, par sa complexité ou, pour le dire immédiatement dans la perspective des questions qui ne seront ici traitées que d’un point de vue juridique, une société fonctionnant comme un ‘système’, de plus en plus autonome – une société qui paraît ainsi échapper à la maîtrise des hommes et qui pose, comme telle, la question d’un effacement de la liberté, de la volonté et de la liberté individuelle » ?

    Ainsi est défini, par la première phrase de son premier chapitre (intitulé « Anthropocène et sociétalisme », c’est un programme), le projet de ce petit opuscule : scruter le développement des technosciences, intelligence artificielle, et autres internet of things, pour examiner leurs conséquences éventuelles sur l’organisation de notre société et, au-delà, notre humanité.

    Mais d’abord du point de vue juridique. Comment ces développements vont-ils marquer notre discipline et la modifier, fondamentalement, ou pas ?

  • Grandes plaidoiries et grands procès. L’art de l’éloquence depuis le XVe siècle

    Grandes plaidoiries et grands procès. L’art de l’éloquence depuis le XVe siècle, Nicolas Corato (sous la direction de), Prisma-Heredium, 3e édition, 2016, 540 pages, 39,90 euros.

    « Le juge est une sentinelle qui ne doit pas laisser passer la frontière ».

    Cette phrase, extraite d’un réquisitoire d’Ernest Pinard, prend une singulière résonnance aujourd’hui alors que des ministres n’hésitent pas à appeler des juges à refuser l’accès à notre territoire aux réfugiés qui tentent d’échapper à la guerre, aux persécutions et à la misère.

    C’est pourtant dans un tout autre contexte qu’elle a été prononcée. Le procureur Ernest Pinard requérait la condamnation de Charles Baudelaire (et de ses éditeurs) pour outrage public aux bonnes mœurs. Le procès des Fleurs du mal. Maître Chaix d’Est-Ange est à la défense mais il ne pourra éviter que Baudelaire soit condamné à une amende de 300 francs et que quelques-uns de ses poèmes (dont le somptueux Les bijoux) soient interdits de publication. Cette interdiction ne sera levée qu’en 1949, après la cassation de l’arrêt, quatre-vingts ans plus tard.

    Pinard avait le nez fin puisqu’il poursuivit aussi Flaubert pour Madame Bovary. Mais, dans ce cas, la somptueuse plaidoirie de Maître Marie-Antoine-Jules Senard lui fit échec.

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  • L'avenir de la profession d'avocat : débattons

    Dans La Libre Belgique, Eric Gillet publie une belle carte blanche en réaction au rapport que Patrick Hofströssler et moi-même avons remis au ministre Koen Geens sur L'avenir de la profession d'avocathttp://www.lalibre.be/debats/opinions/que-sera-l-avocat-du-xxie-siecle-o...

    Une brève réaction à cette réaction, pour amorcer le débat.

    Le point de vue d’Eric Gillet est bien argumenté et il s’inscrit dans la ligne des critiques qui nous sont adressées : nous aurions une vue trop économique de la profession.

    Je le trouve néanmoins injuste en ce qu’il reproche à notre rapport de ne pas contenir une réflexion sur les raisons d’être de l’avocat dans notre société présente et à venir. La première partie de notre rapport (les 140 premières pages grosso modo) comprend cette réflexion et elle répond aussi à la critique finale de l’article en expliquant que la misère actuelle de la justice n’est pas due qu’aux économies qui lui sont imposées par les Gouvernements (de tous les pays occidentaux, car le combat est le même partout !) : si la justice est attaquée de partout c’est aussi en raison du décalage entre la façon dont elle traite, structurellement, les cas qui lui sont soumis et les attentes des justiciables (tous les justiciables : les autorités publiques et les hommes d’affaires comme les SDF …).

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