Suivez mes commentaires sur l'actualité de la justice et des barreaux

  • Chang Weiping, avocat en danger

    Chang Weiping est un avocat chinois.

    Défenseur des droits humains et particulièrement connu pour assumer la défense de personnes discriminées en raison de leur genre ou de leur orientation sexuelle, mais aussi de leur statut sanitaire, il a défendu plusieurs défenseurs des droits humains, des victimes de vaccins défectueux, des personnes souffrant du SIDA ou de l’hépatite B ainsi que des personnes appartenant à la communauté LGBT.

  • Lettre à une jeune pénaliste, par Bruno Dayez

    Lettre à une jeune pénaliste, par Bruno  Dayez, Bruxelles, Samsa, 2020, 46 pages, 8 euros.

    Oui, tu plaides la plupart du temps dans le désert, mais pas toujours, et le vent porte loin. Tu transmets en fait une parole qui ne s’est jamais tue et qui continuera d’être dite dans tous les tribunaux. Qu’elle soit minoritaire ne doit pas t’ébranler ni émousser tes convictions. Tu as foi en l’humain et ta défense ne s’arrête pas à « la veuve et l’orphelin » de l’expression traditionnelle ; elle embrasse l’ensemble de notre condition faillible dont d’innombrables spécimens chutent un jour ou l’autre, en raison de la dureté de leur vie la plupart du temps. Tu éprouveras à travers eux ta propre vulnérabilité et seras souvent saisie de ton étroite parenté avec ceux que la justice prétend châtier comme ils le méritent. Et tu seras saisie d’effroi à l’idée que ç’aurait pu être toi, seuls les hasards de la vie en ayant décidé autrement. Quelquefois même, tu appréhenderas la peine à laquelle ton client est condamné comme si tu devais la subir dans ta propre chair. Des jugements qui t’auront semblé trop sévères te hanteront. Pas un matin ne se lèvera sans que tu n’aies une pensée pour tel ou tel client qui tue le temps dans sa cellule bien que tu aies bataillé ferme pour que cela n’advienne pas.

  • Nesrine Gorneh, avocate en danger

    Nesrine Gorneh est une jeune avocate tunisienne.

    Le 4 août 2020, elle assistait un de ses clients qui venait d’être arrêté et était interrogé dans le commissariat de police d’El-Mourouj 5, dans la banlieue sud de Tunis. Alors qu’elle faisait observer que l’interrogatoire ne se déroulait pas selon les procédures légales, elle a été violemment agressée par certains des policiers présents.

  • L'or du temps, par François Sureau

    L’or du temps, par François  Sureau, Paris, Gallimard, 2020, 850 pages, 27,5 euros.

    Si la civilisation est un vernis, le Conseil d’État est donc le vernis de ce vernis. Les meilleurs de ses membres connaissent sa fragilité. Ils tiennent à distance le sexe et les drames, la gaité aussi. Ils y parviennent alors même que leur palais est tout hanté d’ombres maléfiques… On croit au Conseil d’État que les opinions, du moins celles qui ne sont pas des ornements de la conversation mais peuvent disposer à l’action, sont dangereuses[1]. Un État qui, à l’instar de ses serviteurs les mieux nés, n’en aurait pas, serait le plus sûr instrument du bonheur des peuples. C’est pourquoi la jurisprudence administrative lime les dents de toute politique, par peur des catastrophes.

    François Sureau est donc devenu immortel la semaine dernière. Il  a rejoint sous la coupole de l’Académie française son (et notre) confrère Jean-Denis Bredin.

    L’or du temps est-il, en quelque sorte, sa postulation ?

  • L'Amérique en procès - Un avocat contre la justice d'Etat, par Seth Tobocman

    L’Amérique en procès – Léonard Weinglass, un avocat contra la justice d’État, par Seth Tobocman, Toulouse, Éditions Ici-bas, 2020, 224 p., 27 €.

    Dans quelles circonstances est-il justifié d’enfreindre la loi ?

    Je vois 3 critères : D’abord existait-il une menace claire et imminente ? Le 24 novembre 1986, des gens mouraient du fait des crimes de la CIA. Ensuite, l’action visait-elle à atténuer un préjudice ? Comme le déclaré le docteur Ellsberg, la contestation est le moyen par lequel le public a corrigé des injustices au cours de notre histoire. Enfin, existait-il une autre option sur le plan juridique ? Des témoins ont affirmé que le Congrès n’était pas maître de la CIA.

    Je pense que vous jugerez que les actions de ces étudiants se fondaient sur la nécessité et, ce faisant, vous les aiderez à rendre notre pays meilleur et notre avenir plus sûr.

  • Shahanur Islam, avocat en danger

    Shahanur Islam est un avocat bengali.

    Secrétaire général et directeur exécutif de l’Institut bengali pour les droits humains et de diverses associations militant pour la défense des droits humains, il est particulièrement engagé dans la défense des victimes de violations des droits de l’homme. Il a aussi mené de nombreuses enquêtes et missions d'enquête sur des violations des droits de l'homme et a lancé des appels urgents locaux et internationaux pour demander l'attention des autorités concernées.

  • Juliette ou le paradis perdu, par Anne Gruwez

    « Sous le cerisier du champ d’avoine, elle lui dit les vilénies du fermier qui l’emploie, qui l’emploie à tout d’ailleurs. Il écoute, horrifié. Il découvre une Juliette souillée par une brute. Il est en rage. Et c’est elle qu’il frappe. Et c’est d’elle qu’il soulève les jupes pour la prendre violemment. Puis, épuisé, il s’affaisse et pleure la tête dans les cheveux en lui demandant pardon. Il a honte lorsqu’elle murmure « Je savais que cela arriverait. C’est fait ». Elle sourit. »

    Via le site auvio, la RTBF nous offre une série de petits polars, sous la forme de podcasts publiés sous le titre générique Noir jaune rouge – Belgian crime story. Il s’agit, à chaque fois, de nous présenter, sous une forme un peu romancée, un crime qui défraya la chronique au siècle dernier.

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