Suivez mes commentaires sur l'actualité de la justice et des barreaux

  • Petit manuel de contrepèterie à l'usage des secrétaires de la Conférence du stage de Paris

    Le 12 septembre 2019, j'ai été invité à prononcer la contreréplique lors d'une conférence Berryer qui se tenait à Liège.

    J'ai choisi - et ce n'était peut-être pas une bonne idée - de contrerépliquer en contrepètant. Je n'ai pas été entièrement compris par tous, c'est une litote.

    Mais, comme je sais que les avocats détestent mourir idiots, voici le texte une peu remanié de cette intervention.

    #Sérieuxsabstenir 

    Pour un avocat, la délation, c'est toujours un phare qui passe au rouge ...

  • Les ombres du Palais, par Lise Bonvent

    Les ombres du palais, par Lise Bonvent,Bruxelles, Larcier, 2019, 184 p., 30 €.

     Je ne suis pas toujours en accord avec les décisions prises par la justice. Elle me semble parfois ressembler aux grands-parents qui n’ont pas réalisé combien le monde a changé. Très gentils, très doux, pleins de bonnes intentions, mais leurs idées sont d’un autre temps.

    La justice devrait trouver de vraies solutions et non pas remettre les problèmes à plus tard. Je ne comprends pas toujours comment elle fonctionne … Je ne comprends pas non plus pourquoi la prison est encore une peine. Des personnes qui ont toutes eu, à un moment donné, une mauvaise idée vont s’y retrouver. Du positif ne peut sortir d’un tel lieu. Il faudrait imaginer des réponses adaptées à chacun et éviter que celui qui a le plus de moyens s’en sorte le mieux.

    Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ?

    Ces paroles sont celles de la fille d’une magistrate, âgée de 16 ans. Est-elle la fille de Lise Bonvent ? Peut-être. Je ne connais pas Lise Bonvent. Mais peu importe.

    Ce qui importe c’est ce qu’elle dit. Et, à mes yeux, le fait qu’elle soit encore une enfant a peu d’importance. Imaginerions-nous que l’on disqualifie la parole de Greta Thunberg, Anuna De Wever ou Amandine Charlier parce qu’elles sont encore des ados ?

  • Voyage d'un avocat au pays des infréquentables, par Nicolas Gardères

    Voyages d’un avocat au pays des infréquentables, par Nicolas Gardères, Paris, Editions de l’Observatoire, 2019, 190 p., 18 €.

    Je peux bien défendre n’importe qui, mais pas pour n’importe quoi, pas dans n’importe quel dossier. Défendre un facho dans le cadre d’un dossier de libertés fondamentales équivaut ainsi toujours à défendre d’abord et avant tout les libertés fondamentales. Je peux défendre mon client sans aucune réserve et au mieux de mes compétences, car je vis la cause que je défends comme un combat à mort de la liberté contre l’oppression étatique.

    J’ai d’ailleurs toujours trouvé l’expression « avocat du diable » terriblement impropre. Défendre un Fourniret ou un Barbie, cela n’est pas défendre un diable, c’est défendre un homme et donc l’Humanité toute entière, contre le monstre froid, le Léviathan, le seul diable qui puisse être, c’est-à-dire l’État, personnification juridique de notre thanatos collectif.

    Nicolas Gardères est l’avocat de tous les extrêmes : les fachos, les islamos, les judéos, les antihomos, les ultracathos … Parce qu’il a jugé que la meilleure façon de défendre la liberté contre ses ennemis, c’est de défendre les ennemis de la liberté lorsque la leur est mise en cause. Défendre, au nom de nos principes, ceux qui nous réclament la liberté mais qui voudraient nous la refuser au nom des leurs.

  • Trois erreurs judiciaires, par François-Louis Coste

    Trois erreurs judiciaires, par François-Louis Coste, Dalloz, coll. Le sens du droit, 2018, 168 p., 20€.

     

    S’il fallait désigner le premier ennemi contre lequel doit se prémunir toute personne prétendant exercer la noble fonction de juge, nous répondrions sans hésiter que cet ennemi est l’évidence. La force de l’évidence peut n’être qu’un leurre et même une violence pour celui qui s’y abandonne, oubliant tout esprit critique et renvoyant Descartes au rang de vieux radoteur .

    « Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges » a dit Nietzche.

    François-Louis Coste, ancien avocat général à Lyon et à Paris, nous en administre une implacable démonstration dans ce petit ouvrage, remarquablement documenté. C’est que les erreurs judiciaires, il les a vécues de l’intérieur.

    Trois fois au cours de sa carrière, il les a touchées de près, au plus près.

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  • La face cachée de la robe, par Anaïs de la Pallière

    La face cachée de la robe, par Anaïs de la Pallière, Paris, Michalon, 2019, 219 p., 19,55 €.

     

    « Créé en 2000, SOS COLLABORATEURS vous accompagne, vous conseille et vous défend en cas de litige avec votre cabinet.

    Une rétrocession non payée, un contrat de collaboration rompu à l’initiative du cabinet sans respect du délai de prévenance au prétexte d’un manquement grave bien opportun… Poussée vers la sortie ou mise à la porte à l’annonce de l’arrivée d’un enfant.

    SOS COLLABORATEURS est là pour vous accompagner et vous assister ».

    Nous aurions besoin de pareille association ? Nous, les avocats, les défenseurs des droits et des libertés, de la veuve et de l’orphelin, de la dignité ?

    La réponse est oui. Malheureusement oui. Évidemment oui !

    C’est ce que nous assène Anaïs de la Pallière, jeune avocate parisienne de 35 ans.

     

    http://latribune.avocats.be/la-face-cachee-de-la-robe-par-anais-de-la-palliere/

  • Les enfants du droit, par Bruno Dayez et Stéphanie Manneh

    Les enfants du droit, par Bruno Dayez et Stéphanie Manneh, Bruxelles, 2019, Samsa, 192 p., 18 €.

    Nous ne croyons plus que notre bonheur dépend de notre conformisme à un modèle préétabli. Ni qu’il consiste à occuper le rôle que d’autres (État, école, église, famille…) nous ont assigné dès avant notre naissance. Nous n’admettons plus que les lois empiètent sur l’espace de notre liberté en prétendant nous dicter ce que serait notre bien … Le glas de l’hétéronomie a sonné : dorénavant, nous revendiquons la liberté absolue d’être nous-mêmes en choisissant qui nous voulons être, en étant les seuls garants de notre propre bonheur, les uniques maîtres de notre destin, totalement autonomes.

    Le droit enregistre ce déclin des idéaux collectifs : la place de « l’intérêt général » ne cesse de se rétrécir … au total se façonne petit à petit une nouvelle idéologie : celle de l’individu souverain, n’ayant de comptes à rendre à personne, concevant son propre bien comme il l’entend … comme s’il était en vérité seul au monde.

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