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  • 38, rue de Londres (De l'impunité), par Philippe Sands

    38, rue de Londres (De l’impunité), par Philippe Sands, Paris, Albin Michel, 2025, 558 pages, 24 euros.

    La certitude qu’il n’existe nul endroit sur terre où les crimes demeureront impunis peut constituer un moyen efficace de les prévenir (Cesare Beccaria, 1764).

    C’est un vieux rêve. La fin de l’impunité.

    Et cela reste un rêve. Même si, parfois, on peut (a pu ?) saluer quelques frémissements…

    Comme à Londres, en 1998, lorsqu’Augusto Pinochet qui, sûr de l’immunité que lui conférait sa qualité d’ancien chef d’État, s’y était rendu pour y recevoir des soins, fut arrêté à la requête des juges d’instruction espagnols Juan Garcés et Baltasar Garzón.

    La nouvelle fit l’effet d’un séisme. Elle sonna le début d’un procès historique puisqu’elle amena finalement la Chambre des Lords à valider le mandat d’arrêt international délivré par Garzón.

     

  • Auprès de la source, par Géry Van Dessel

    Auprès de la source, par Géry Van Dessel, Angers, Saint-Léger éditions, 2025, 90 pages, 12 euros.

    Le poids de la mort

    Fait courber l’aurore

    Ceux-là aux regards de haine

    Amincissent l’azur qu’ils ignorent

    Ils s’asservissent eux-mêmes …

    Après Les chants et les jeux, Mûrissements et Le passage, Géry Van Dessel nous offre un quatrième recueil de poèmes.

    Il est un peu plus court que les précédents. Et un peu plus simple. Les illustrations de Magdalena Wlodarczyck se sont faites plus rares.

    Comme le titre du recueil l’indique, l’inspiration principale du recueil, son fil rouge, est la source, omniprésente et citée dans pratiquement tous les poèmes (une septantaine) qui nous sont ici livrés.

    La source nous abreuve, nous éclaire, nous fait progresser, nous fait (re)naître. Elle relie le jour à la nuit, elle unit la terre au ciel.

    Mais où est la source ? Qu’est-elle ? Géry Van Dessel nous laisse le soin de le déterminer. Il ne nous l’impose pas.

    A chacun la sienne, en quelque sorte.

     

  • Un an dans la forêt et S'en aller, par François Sureau

    Un an dans la forêt, par François Sureau, Paris, Gallimard, 2022, 93 pages, 12,5 euros.

    S’en aller, par François Sureau, Paris, Gallimard, 2024, 188 pages, 21 euros.

     

    Quand tu aimes, il faut partir.

    Auditeur au Conseil d’État, avocat, écrivain, premier rédacteur des statuts du parti En marche, fondé par Emmanuel Macron, académicien, …, François Sureau a aussi été légionnaire.

    Comme Blaise Cendrars, auquel il consacre ce court récit, Un an dans la forêt.

    En 1938, alors âgé de 51 ans, Cendrars s’amourache d’Élisabeth Prévost, de 24 ans sa cadette, une belle et riche aventurière (elle a déjà traversé l’Afrique plusieurs fois et vient - semble-t-il, car quelle est la part de la légende ? - de s’occuper de l’importation en Espagne d’une race de lapins français, le Fauve de Bourgogne).

     

  • Après Dieu, par Richard Malka

    Après Dieu, par Richard Malka, Paris, Stock, 2025, 220 pages, 19,5 euros.

    Je respecte absolument toutes les religions dès lors qu’elles ne cherchent pas à régenter la vie publique, ne limitent pas la liberté de la presse, ne criminalisent pas le rire, ne psalmodient pas des prières au Parlement, ne considèrent pas les femmes comme n’ayant leur place nulle part dans l’espace public sauf cachées, ne les brûlent pas vivantes quand elles sont considérées comme déviantes, ne discriminent pas les minorités, n’interdisant pas les enseignements scientifiques, artistiques ou historiques, ne vident pas les bibliothèques sous prétexte de ne pas offenser les croyances, n’aboutissent pas au règne de l’arbitraire, au puritanisme assuré par une polices des mœurs, à la polygamie, à l’obscurantisme, à l’exclusion de tout ce qui est différent et, en définitive, à une nouvelle ère médiévale.

    Dieu est une arme de destruction massive. Oui, mais, après Dieu ?


     

  • Sophia, par Eléonore de Duve

    Sophia, par Éléonore de Duve, Paris, Corti, 2025, 87 pages, 16 euros.

    Sa grand-mère lui offre une fortunelle, son regard d’or et doux dans un écrin. Elle fut joaillière puis bibliothécaire, assistante sociale. Elle crée des rivières, en vue de passer liquidement de l’une à l’autre. Elle a demandé les livres de la chambre et, puisqu’ils étaient lourds, Sophia les a pris un par un. L’après-midi, oubliant les phrases de l’émission, les cognements, la vieille parcourt la Torah, le Coran, la Bible, la Veda, elle entrecroise des versions de l’humanité, relève les yeux chrysolithes pour dire à Sophia un mot vide, retenu par cœur : « Œcuménisme. » Ce faisant, elle modifie le mot, l’élargit, à plus grand que lui et à bien plus grand qu’elles.

    D’une écriture stricte et plastifiée, entourée de symboles, insistant sur le « P », en le dessinant large, le grand-père consignera un vœu funèbre : « PAS de prêtre ou autre marsupial ».

    L’écriture d’Éléonore de Duve n’est pas « facile ». Il y a des mots rares, des ellipses, des métaphores, des tournures inhabituelles, une forme à nulle autre pareille. Peut-on parler d’écriture « déconstruite » ? Ou « reconstruite » ?

  • De justice à justesse, par Séverine Evrard

    De justice à justesse : être avocat autrement, par Séverine Evrard, Limal, Anthemis, 2023, 198 pages, 54 euros.

    L’appel est lancé pour réfléchir, chacun de notre côté, à la meilleure façon de replacer la relation humaine au cœur du métier d’avocat, dans lequel il n’est plus question de clients figés dans leur position et d’un avocat qui s’érige en sauveur au point de s’oublier.

    C’est par ces mots que Marie Dupont, qui préface cet ouvrage, nous invite à découvrir une autre façon d’envisager le métier d’avocat, de vivre le métier d’avocat.

    Notre métier a changé. Nos clients ont changé. Notre monde a changé. Nous avons changé. Nous changeons.

    Aujourd’hui le droit est partout. Et il faut donc qu’il y ait des avocats partout. Car quand il y a conflit sans avocat, c’est toujours le faible qui perd.

    Mais pratiquer le droit en dehors des tribunaux, cela peut requérir d’autres qualités, d’autres équilibres.

    Équilibre. C’est sans doute le mot qui guide Séverine Evrard.

    Comment être avocat aujourd’hui, vivre sereinement ce métier dans cet environnement qui a tant changé ?

     

  • Ibrahim Kaboglu, avocat en danger

    Ibrahim Kaboğlu est un avocat turc, bâtonnier du barreau d’Istamboul.

    Professeur de droit constitutionnel à l’Université de Marmara et spécialiste des libertés, le bâtonnier Ibrahim Kaboğlu a enseigné dans de nombreuses universités prestigieuses. Il est notamment l’un des auteurs d’une étude comparée sur l’élaboration des décisions des cours constitutionnelles européennes.

  • Čedomir Stojković, avocat en danger

    Čedomir Stojković est un avocat serbe.

    Ancien cadre du parti démocrate chrétien de Serbie, il s’est notamment engagé pour que la Serbie rejoigne l’OTAN tout en devenant un lien entre l’Europe et l’Asie. Comme avocat il a notamment défendu un leader du parti, Branislav Lečić, accusé de viol par Danijela Štajnfeld. Il a accusé cette dernière d’avoir modifié les enregistrements téléphoniques qu’elle produisait à l’appui de ses accusations.

  • Nguyen Van Dai, avocat en danger

    Nguyen Van Dai est un avocat vietnamien.

    Nguyen Van Dai est le co-fondateur du Comité du Vietnam pour les droits humains et un militant actif pour la démocratie. Il a fourni une assistance juridique à des activistes luttant contre les violations des droits humains commises par le gouvernement ainsi qu'à des membres de minorités religieuses ; il a déjà été la cible d'acharnement judiciaire dans le passé.

  • Abdul Majid Sabra, avocat en danger

    Abdul Majid Sabra est un avocat yéménite.

    Éminent défenseur et avocat en droits humains yéménite, Abdul Majid Sabra est connu pour sa défense inlassable des personnes détenues pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux. Au fil des ans, il a représenté des journalistes, des activistes politiques et d’autres victimes de détention arbitraire. Il utilisait également les réseaux sociaux pour défendre les droits humains et fournir des informations actualisées sur les affaires qu’il défendait.

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