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Mot du président - 06/02/2014

Chers confrères,

Une grenouille et des pingouins, des dogues et des zèbres, une tortue et des fourmis. Quel jardin extraordinaire !
 
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Sous le titre « La grenouille et les pingouins », j’ai publié dans la dernière livraison du Journal des Tribunaux quelques réflexions sur l’avenir de la profession d’avocat.
 
Nous laisserons-nous, comme la grenouille, progressivement engourdir par l’eau qui bout, jusqu’à cuisson totale ? Serons-nous au contraire, comme les pingouins de la nouvelle « Alerte sur la banquise », capables de modifier nos comportements pour affronter les défis du village global interconnecté du XXIe siècle et continuer à y jouer le rôle essentiel qui est le nôtre, tout en préservant nos valeurs fondamentales : indépendance, liberté, égalité, solidarité, dignité ?
 
Il s’agit là de questions fondamentales qui seront encore au centre du colloque Tomorrow's Lawyers, organisé par quelques jeunes avocats liégeois ces 20 et 21 février 2014, et auquel je ne puis que vous engager à participer nombreux.
 
Elles sont également l’objet d’un cycle de conférences organisé par le Centre Perelman de l’U.L.B. au cours des semaines qui viennent.
 
C’est notre avenir à tous qui est en jeu. Il est temps d’en prendre conscience.
 
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Samedi dernier, en clôture de la rentrée du barreau de Charleroi, dont Alexandre Gillain vous parle par ailleurs, et, en quelque sorte, en contrepoint à la conclusion du bâtonnier Fadeur, j’ai aussi eu l’occasion de parler de deux autres animaux bien sympathiques.
 
Le premier reste dans son jardin. Il le veille jalousement. Il y enterre ses vieux os. Il est fidèle à ses proches. Il les protège, il aboie quand on les approche. Mon épouse et moi-même en avions un. C’était un brave labrador. Mais à Charleroi, on préfère les dogues.
 
L’autre court dans les grands espaces. Il est grand, il est beau, il est libre. Il partage ses pâturages avec d’autres habitants de la savane : gazelles, antilopes et girafes. Il collabore avec eux et, quand ils s’entraident comme des fiers solidaires, ils réussissent même à écarter les lions. Sa crinière flotte au vent. Sa robe est blanche ornée de rayures noires (à moins que ça ne soit le contraire). C’est le zèbre.
 
J’aime bien les dogues. Mais permettez-moi de vous dire que je préfère, comme les zèbres, jouer en nationale plutôt qu’en provinciale. Et, d’ajouter que lorsque l’on joue en nationale, il faut viser la champion’s league.
 
Ce doit être notre objectif à tous. Ne pas nous recroqueviller dans notre niche, mais nous adapter, proposer, imaginer, innover, pour que notre profession continue à vivre et à assumer sa noble mission.
 
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Il me reste deux pensionnaires dans mon bestiaire. Le premier est une tortue. Elle travaille depuis de nombreux mois à une réforme de l’aide juridique. Parviendra-t-elle, comme sa congénère de la fable, à arriver à bon port et à nous sortir un projet permettant un refinancement durable et, donc, une pérennisation de notre système d’aide juridique avant la fin de la législature ? Il ne lui reste plus beaucoup de temps. Mais nous ne pouvons que l’y encourager.
 
Mais, en conclusion, je veux aussi souligner le travail extraordinaire que les fourmis qui viennent de s’occuper des contrôles croisés viennent d’accomplir. Tous les présidents de B.A.J. sont à englober dans ce lot. Le travail qu’ils ont fourni était énorme et les conditions dans lesquelles ils ont dû s’en acquitter souvent très difficiles. Parmi eux, je souhaite mettre en exergue deux ouvrières qui ont vraiment été jusqu’au bout d’elles-mêmes. Il s’agit de Muriel Clavie et d’Alexandra Leoni qui, au cours des derniers jours, y ont pratiquement sacrifié leur vie privée. Et je n’oublie évidemment pas notre administrateur Jean-Marc Picard, que je n’oserai comparer à la reine de la fourmilière mais qui, en tout cas, a tout fait pour que ces contrôles puissent aboutir dans le temps imparti.
 
Comme tous les experts qui ont participé aux négociations et aux formations TVA, ceux-là méritent vraiment notre reconnaissance. 

Bien confraternellement,