Boule de juif, par Foulek Ringelheim
Posté le 02/09/2021
Boule de juif, par Foulek Ringelheim, Bruxelles, Genèse éditions, 2021, 136 pages, 17,5 euros.
L’antisémitisme, la guerre, l’extermination n’avaient fait que renforcer l’attachement de ma mère à sa judéité, elle était plus juive que jamais. Hitler avait décrété qu’Auschwitz serait notre terre promise : renier le judaïsme eût été parachever le projet nazi. Par un de ces paradoxes dont les enfants ont le secret, à force de m’entendre dire que j’étais un survivant, j’en étais arrivé à me croire immortel, immortel parce que juif.
Comment se construit un enfant pendant une guerre ? Pendant une guerre où les siens sont traqués pour être exterminés ? Une guerre qui force ses parents à la cacher, à le dissimuler dans un internat dans lequel les siens sont taxés de déicides ? Où, bien sûr, il voudrait être comme les autres, c’est-à-dire pas comme les siens ?
Guy Haarscher[1] [1] et Paul Martens[2] [2] ont déjà écrit tout le bien qu’il fallait penser de cette autobiographie posthume de Foulek Ringelheim, de son style, épuré mais élégant et imagé, de ce qu’il y a d’universel dans l’enfance et l’adolescence de cette petite boule de juif.
Car, on l’a compris dès que l’on a entendu le titre de cet ouvrage, la judéité est à la fois une identité et un poids, une fierté et une peur, une revendication et une névrose, un combat et une obsession.
https://latribune.avocats.be/boule-de-juif-par-foulek-ringelheim/ [5]